Jonathan Christin

 

Jonathan Christin, l'agriculteur passionné

 

Qui n’a jamais croisé, perché sur son tracteur ou au volant de sa camionnette blanche, Jonathan Christin ? Cet Aérien de trente-trois ans a modifié le paysage de notre campagne en y installant ses porcs laineux.

 

Jonathan Christin, cinquième génération d'agriculteurs aériens (DR)

 

L’agriculture, Jonathan est tombé dedans quand il était petit. Cette profession, transmise de père en fils depuis cinq générations, s’est imposée à lui comme une évidence. Sur les conseils de son père, qui lui propose d’apprendre un autre métier par sécurité, il choisit d’abord la mécanique dont il gardera un goût prononcé pour la « bricole ».


Mais il revient à ses premières amours, et entame un apprentissage d’agriculteur dans le canton de Neuchâtel. Il a la chance de travailler pour un employeur dont les méthodes complètent celles transmises par son père. Il découvre de nouvelles techniques, se familiarise avec le bétail, les produits laitiers, les céréales et le travail à l’alpage ; il y gagne une vision plus globale du métier.


Les conseils d'André Vidonne

Il passe son brevet agricole et c’est à la demande de son oncle André Vidonne, boucher-traiteur, qu’il revient à Aire-la-Ville pour élever des cochons laineux. Son cheptel commence, modestement, avec deux truies et un mâle pour rapidement s’étendre à une centaine de bêtes, toutes différentes et qu’il reconnaît toutes. Aujourd’hui encore, c’est chez le boucher carougeois qu’il écoule 90% de sa production. Mais ses animaux se retrouvent aussi sur les tables des grands restaurants, comme à Châteauvieux.

 

Avant les cochons, Jonathan élevait également des oies que bien des villageois aimaient retrouver dans leurs assiettes le jour de Noël. Mais la grippe aviaire et son cortège de restrictions sont passés par là, le forçant à abandonner l’élevage de ces volatiles.


Des moineaux pour prévoir la pluie

En homme passionné par son métier Jonathan cultive 50 hectares, dont un de vigne. Le reste est consacré à la culture de céréales, colza, tournesol etc. dont une partie est utilisée pour nourrir ses cochons. Il connaît les contraintes du métier : les caprices de la nature, les règles du marché dont il regrette «le produire à moindre coût » et les exigences à long terme : «lorsque l’on décide de changer de cépage, c’est un engagement à vingt-cinq ou trente ans!». Jonathan Christin ne suit pas la météo de près. Il préfère observer les moineaux se baigner dans la poussière pour savoir que la pluie arrive.


Son temps libre, il le passe à bricoler : inventions pour optimiser une machine, réparations ou créations d’objets. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est le sentiment de liberté que lui offre son métier. Levé à 6 h pour s’occuper des bêtes, il termine ses journées vers 19 h mais peu importe le temps lorsque l’on fait ce que l’on aime.

 

Agriculture de conservation

La liberté c’est aussi pouvoir se démarquer des autres. Jonathan aime marcher hors des sentiers battus. Il va d’ailleurs s’essayer cette saison à un autre type d’agriculture dite de conservation, qui consiste à ne plus labourer. On laisse le sol travailler, on abandonne la tâche à la microflore et aux vers de terre, et l’on fait du semis direct. Méthode de fainéant, disent les anciens ! Non, méthode d’avenir pensent Jonathan et la dizaine d’agriculteurs genevois qui se lancent dans l’aventure.

 

Catherine Poupaert, Carole Cattaneo - mai 2010

 

 

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