Dominique Novelle

Dominique Novelle, bâtisseur aérien

 

Zone trente, nouvelle Mairie, cadiom ou zone sportive : Dominique Novelle fait partie de cette équipe qui a transformé le visage d’Aire-la-Ville à coups de travaux. Il l'assume d’ailleurs avec bonne humeur, et lorsqu’on lui demande si c’est à cause de lui que tous ces chantiers fleurissent, il répond dans un sourire « pas à cause de moi, mais de toute une équipe. Et puis ce n'est pas à cause, mais grâce à elle ! »

 

Dominique Novelle n’a jamais quitté Aire-la-Ville, mais a voyagé dans le monde entier.

 

Adjoint au Maire depuis près de vingt ans, Dominique Novelle règne sans partage sur son dicastère des routes et bâtiments ; il ne cache pas son affection pour les chemins vicinaux qu’il entretient et améliore sans cesse. « Il m’est même arrivé d’y installer un éclairage sans rien demander à personne », témoigne-t-il avec ce mélange de bonhomie et d’autorité, avec cette désarmante sincérité qui fait qu’on lui pardonne tout.

 

Les Aériens le croisent chaque matin, un peu avant huit heures, lorsqu’il fait le tour du village à vélo, surveille les chantiers en cours, guette les opportunités : « C’est comme ça que j’ai pu récupérer le couvert des lavandières qui abrite aujourd’hui les joueurs de pétanque ». On l’arrête volontiers pour commenter tel ou tel aménagement. « Je dis oui, oui, et puis je n’en fais tout de même qu’à ma tête », avoue-t-il en souriant. Il discute avec les uns et les autres, retient une suggestion qu’on lui souffle au cours de sa promenade matinale, comme ces géraniums qui viendront embellir les candélabres de la rue du Vieux-Four.

 

Dominique Novelle suit au quotidien tous les chantiers du village, comme ici les aménagements de la place des Cressonnex.

 

L’homme connaît chaque recoin d’Aire-la-Ville, chaque pierre de chaque chemin, sait où passent les canalisations, a la mémoire de chaque fouille et de chaque chantier. Ses racines plongent profondément dans l’histoire du village : sa famille y est installée depuis 1580, quatre siècles et demi d’une présence ininterrompue qui verra tout juste l’orthographe de son nom varier un peu : il y eut des « Novel », des « de Nouvel » et des « Novelle », qui, débordant de leur village d’origine, ont aussi colonisé Bernex ou Satigny.

 

Tour à tour membre du comité de l’Aérienne et de l’amicale des sapeurs-pompiers pour laquelle il organise sorties et voyages, il s’implique dans la vie du village et entre en politique dès 1983. Avec quelques complices, il crée une liste dissidente, « l’action villageoise » qu’il lance à l’assaut de l’Entente lors des élections. Mais c’est un échec : « on s’est vite fait shooter », s’amuse-t-il en y repensant. Quatre ans plus tard, en 1987, il rejoint donc l’Entente et entre cette fois au Municipal pour deux législatures, avant de passer à l’exécutif. Il pousse du même coup la porte de la caisse Raiffeisen, participe à la fusion de l’établissement d’Aire-la-Ville avec celui de Bernex et siège aujourd’hui encore à son conseil d’administration. L’établissement n’a cessé de grandir, s’étendant à Lancy, Onex, Confignon, et même jusqu’à Plainpalais où une succursale s’est ouverte au début de 2014.

 

Ce mordu de sport, ancien joueur du football club de Laconnex et soutien indéfectible des hockeyeurs du Genève-Servette (« J’ai mon abonnement depuis plus de trente ans ! »), n’a jamais quitté Aire-la-Ville où il vit dans la maison familiale qu’il a transformée avec son frère au début des années quatre-vingt. Cet enracinement ne l’empêche pas de parcourir la planète avec sa compagne Christiane. Dix jours ici ou quinze jours là, ils ont déjà découvert les Caraïbes, la Thaïlande, Dubaï ou le Mexique !

 

Retour sur ses souvenirs d’enfance, lorsque les classes enfantines se trouvaient encore à Peney. C’était les années cinquante, bien avant que les mamans ne prennent leur 4x4 pour accompagner leur marmaille à l’école ! Il allait donc à pied, vingt ou vingt-cinq minutes de trajet quatre fois par jour, avant d’intégrer l’année suivante l’une des deux seules classes de la petite école d’Aire-la-Ville où quatre degrés se mélangeaient. « On devait être 25 ou 30 », se souvient-il. Il fera ensuite un apprentissage d’électricien et deviendra pompier à l’aéroport sous les ordres du commandant Troyon, militaire haut en couleur qui marqua de ses coups de gueule l’histoire de la République !

 

Changement de cap en 1979, lorsqu’il revêt l’uniforme de gardien de Champ-Dollon. Une opportunité plus qu’une vocation, qu’il évoque pourtant avec plaisir : « A l’époque, nous avions plus de temps à consacrer aux détenus, et il y avait une forme de respect entre eux et nous. » Dans le quartier cellulaire de l’hôpital, où il travaillera de nombreuses années, il côtoie des pensionnaires célèbres, un éminent membre de la loge P2, une personnalité qu’une affaire de vin avait envoyé derrière les barreaux, et qui lui prodiguera ses conseils œnologiques !

Texte et photos Marco Cattaneo, mai 2014

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