Marlène Tardivel

Marlène, première femme en politique

 

« Le cheval, c'est un rêve de jeunesse ! » Enfant d'Avenches – village gallo-romain perché sur une colline vaudoise – Marlène y passe ses premières années avec ses trois sœurs et son frère. De là naît sa passion du cheval : « nous habitions à côté d'un haras et j'adorais regarder les paysans travailler avec leurs chevaux ». L'arrivée à Genève est brutale, comme une rupture ; avec une succession de déménagements dans divers quartiers de la ville.

 

Marlène Tardivel, première conseillère municipale à Aire-la-Ville (DR)

 

En 1969, Marlène épouse Paul. Le jeune couple s'installe en face du Stade des Charmilles, mais leur projet est ailleurs : retaper la vieille grange d'Aire-la-Ville, d'où Paul est originaire, pour venir y habiter. A la naissance des garçons, Marlène quitte l'emploi qu'elle occupe à la banque, s'échappant parfois, au volant de sa Fiat 500. « En 1973 Aire-la-Ville compte peu de jeunes mamans ; j'avais alors besoin de voir du monde ! ».

 

1975 la commune grandit. Charles Bosson, Maire d'Aire-la-Ville, propose à Marlène de rejoindre le conseil municipal, quatre ans à peine après que la Suisse ait accordé le droit de vote aux femmes. Surprise et pas très emballée, elle finit pourtant par accepter « on m'a pas mal biffée, d'autant que je n'ai pas ma langue dans ma poche, mais je ne suis pas sortie dernière ! ». Première femme à siéger au Conseil municipal, Marlène ouvre ainsi le chemin de la politique aux femmes d'Aire-la-Ville. Unique présence féminine au milieu de tous ces hommes, elle est parfois obligée de batailler. Elle accomplira quatre législatures.

 

Falco dans les bras de Marlène Tardivel (DR)

 

Seize années pendant lesquelles elle se charge de la fête de Noël, des promotions, des jeudis de ski ou de l'inauguration de la mairie actuelle. « Autrefois, elle abritait le four à pain (qui a donné son nom à la Rue du Vieux-Four), la laiterie, le hangar des pompiers et même une prison de 2 mètres sur 3 pour les violons » précise Paul venu nous rejoindre au salon. Les violons, ces poivrots que le garde champêtre assermenté pouvait enfermer pendant quelques heures.

 

1990, les enfants ont grandi et Marlène se sent prête à retravailler. Son permis de conduire professionnel en poche et à bord de son minibus, elle conduit des enfants handicapés à l'école spécialisée : « ce sont des jeunes auxquels tu t'attaches énormément, des moments qui te marquent pour la vie ». Elle travaille ensuite à l'aéroport, transporte les équipages, sillonne le tarmac à toute heure du jour et de la nuit, croise Thierry Lhermitte, Roger Moore ou Claudia Cardinal ! « Et puis il y a ce jour noir et cette rencontre avec les familles des victimes du vol SR 111, abîmé au large d'Halifax en 1998 ».

 

Falco n'est jamais très loin de Marlène (DR)

 

« Je te rappelle que tu as aussi été responsable de la gym des dames pendant 20 ans, 20 ans à la chorale de l'église, que tu es désormais vice-présidente de la pétanque, secrétaire des Courants d'Aire et responsable de l'alimentation en cas de guerre ! » rajoute Paul, fièrement. « Oui et je suis aussi ta secrétaire, je m'occupe de l'administration, des devis, de la comptabilité. Mais il ne paie rien du tout » m'assure-t-elle avec malice.


Désormais, Marlène est à la retraite mais le repos est bien relatif. Après avoir monté Rex, son cheval, pendant des années, ses balades au bois de Chatillon restent fréquentes et sa passion de l'équitation est intacte. Elle est même intendante au concours hippique de Palexo où elle assure le nettoyage de la piste et des obstacles. Elle a aussi une folle envie de voyages : « Je me plais énormément à Aire-la-Ville mais si on me propose de partir 6 mois au soleil, je ne dis pas non ! » Un peu d'Algarve cet été, puis elle rêve de Thaïlande.

Texte et photos Carole Cattaneo, février 2014

 

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