Christine Rambach

 

Christine Rambach, l'amour du dialogue

 

Elle m’accueille dans son jardin entre vigne, echinaceas et rudbeckias, des noms savants pour de bien belles fleurs. Au milieu de ses poules aussi, Ginger et Lola, que l’on surprend à sautiller pour voler un grain de raisin. Christine Rambach, jeune quadra et présidente de l’APEALV (Association des parents d’élèves d’Aire-la-Ville) depuis un an, a toujours rêvé d’habiter à la campagne. Ça lui rappelle les vacances de son enfance, qu’elle passait, en Italie, chez ses grands-parents.

 

 

Christine Rambach dans son jardin (DR).

 

En 2005, son vœu se réalise lorsqu’elle repère sur Internet ce qui deviendra « sa petite maison dans la prairie ». Elle quitte son cinq pièces de la Jonction, abandonne le bout de jardin qu’elle possède à Veyrier et s’installe avec sa petite tribu – Renaud, son mari, et leurs trois enfants - à Aire-La-Ville. La maison doit être retapée ce qui ne fait pas peur à ce jeune couple qui adore bricoler. Surtout que son papa et les copains viennent leur prêter main forte !

 

Mais Christine n’attend pas la fin des travaux pour s’impliquer dans la vie de la commune et c’est tout naturellement, en tant que mère de famille, qu’elle prend part aux activités de l’APEALV. Elle a d’ailleurs toujours fait partie d’associations. Son âme de citoyenne l’y pousse. Aujourd’hui, à l’APEALV, elle anime une équipe de cinq femmes ; chacune y a sa place, ses propres responsabilités et ses forces à amener. « Il n’y a pas de prise de tête entre nous. On est libre et on s’amuse beaucoup. Plutôt que de subir ou de râler, autant être active tout en restant positive ».

 

Et c’est dans cet esprit qu’elle collabore avec la mairie, l’école – qu’elle rencontre aussi lors des conseils d’établissement scolaire dont elle fait partie – ou encore l’Aérienne. Christine a le souci du travail bien fait et apprécie les choses bien organisées. Cette première année de présidence, marquée, entre autres, par l’escalade, le rallye des familles, la victoire de la Suisse face à l’Espagne, future championne du monde, ou encore le café-parents de la rentrée, lui a donné pleine satisfaction.

 

 

Grace à l'APEALV, les enfants d'Aire-la-Ville ont pu confectionner de nouveaux panneaux de sécurité routière (DR).

 

D’une part parce que les activités qu’elle a proposées étaient variées, s’adressant tantôt aux enfants, tantôt aux parents ou à la famille toute entière. D’autre part parce qu’au travers de cette diversité, elle a pu densifier sa collaboration avec tous les autres acteurs de notre commune. Même si elle a dû parfois jongler entre une activité professionnelle bien chargée et sa vie de famille, les événements qu’elle a mis sur pied ont tous été un succès.

 

Autour d’un bon café, elle m’explique son métier : travailleuse sociale dans une maison de quartier. « Tous les jeunes peuvent y venir mais c’est souvent les plus terribles qui sont là ! ». Elle constate une perte de leurs valeurs, un manque de confiance, une rupture sociale qui bien souvent se cristallise autour de la violence. A force de tout avoir – dit-elle – les jeunes sont perdus.

 

Son métier, elle en parle avec passion. Pour éviter la spirale de la violence, « je prône la résolution des conflits par la non-violence, le dialogue et l’écoute. Développer, restaurer, recréer du lien social, favoriser des espaces de médiation, de rencontres, non pas dans un souci d’uniformité mais bien dans le respect et la connaissance des différences de chacun. Différents projets voient ainsi le jour, que ce soit au travers de projets de vie individuels, mais aussi de projets de musique, ou de fêtes de quartier. Certains sont réalisés en partenariat avec des acteurs de terrain, allant de la police de proximité aux conseillers sociaux de cycles ».

 

Pour décompresser, Christine n’a pas besoin de choses trop compliquées ; elle aime jouer aux cartes, papoter, et se dit séduite par ses dernières vacances. Elle était avec sa tribu, dans une roulotte tirée par Libellule, le cheval de trait, au beau milieu du Jura.

Carole Cattaneo, septembre 2010

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