Philippe Steiner

 

Philippe Steiner, au secours de nos TV

 

On a sûrement tous eu, au moins une fois dans sa vie, à subir les caprices de son poste de télévision ! C’est l’image qui disparaît, toujours au moment le moins opportun; une coupure de son qui nous prive du sens profond d’une déclaration. Mais le plus terrible, c’est peut-être lorsque l’écran devient noir, car il emporte avec lui tout espoir !

 

Sauf si vous croisez Philippe Steiner, au volant de sa fourgonnette « Antonioli »! Il est technicien Radio-TV « maintenant, on dit électronicien en multimédia, mais c’est pareil! », et réside à Aire-la-Ville depuis 5 ans, avec Valérie, sa femme, membre de l’APEALV, et leurs deux garçons.

 

 

Philippe Steiner, au volant de sa fourgonette Antonioli (DR).

 

Enfant déjà, il rejoignait son père dans l’atelier de Montbrillant, démoli puis reconstruit aujourd’hui en maison de quartier. « Papa montait les deux étages sans ascenseur, chargé de télévisions, qu’il réparait dans un bric-à-brac d’outils et de vieilleries», se souvient-il.

 

De cet atelier, Philippe garde l’odeur singulière de la soudure des circuits imprimés. C’est l’époque où le gros du travail consistait à poser les antennes qui permettraient aux personnes de recevoir l’unique chaîne suisse. On est dans les années 60. Vers 1968, lorsque la TV couleurs arrive sur le marché, Philippe est un des premiers à en avoir une à la maison. « Pour la vidéo aussi, j’étais très privilégié ! »

 

Son enfance, c’est là qu’il la passe. «Papa a bien joué. Il me faisait souvent venir au magasin pour l’aider. Ça m’a forcément un peu aiguillé ! ». A 15 ans donc, il fait son apprentissage et obtient, à 18, son CFC. Puis il décroche une formation d’un an à la TSR comme opérateur vidéo, où il garde depuis vingt ans un temps partiel. Il est formé au télé journal, apprend à guider le pied robotisé de la caméra pour cadrer l’invité. Il assure le montage des émissions, répare le matériel, se déplace sur les championnats de foot, curling ou hockey, fait les ralentis, supervise le technique.

 

Parallèlement, il travaille aux côtés de son père qui lui transmet son savoir-faire. « Il savait tout réparer, jusqu’au mixeur ! C’était un vrai passionné. Intelligemment et très rapidement, il m’a laissé beaucoup de responsabilités ». Philippe apprécie la liberté que lui offre son travail. Il adore être dehors, par tous les temps et sur les toits – comme si, du haut de ses presque 2 mètres, certains détails lui échappaient encore ! Installer une antenne satellite implique toute une série d’essais millimétrés et c’est muni d’un équipement professionnel et coûteux que Philippe intervient. « Tout ce qui concerne la TV est devenu très pointu, plus compliqué. A la livraison, il faut vraiment veiller à désactiver certaines options de recherche automatique sans quoi, on est bon pour retourner chez le client ! ». D’où l’intérêt aussi d’aller chez un petit commerçant, plutôt que dans une grande surface !

 

 

La fourgonnette a été complètement aménagée par son papa (DR).

 

Si l’avenir du métier est peu réjouissant, Philippe a su se diversifier. C’est d’ailleurs le seul à réparer les fours à micro-ondes professionnels des restaurants et hôtels.

 

Et puis il adore rendre service et dépanner les gens du village. C’est lors d’une visite rendue à Juan Casanova de Casabat, ancien apprenti d’Antonioli, que Philippe découvre Aire-la-Ville. « A cette époque, il y avait beaucoup de brouillard et pas encore de route de contournement! » Bien des années plus tard, Philippe apprend qu’il y a des maisons à construire. « On n’avait que 3 jours pour se décider et aujourd’hui, toute la famille est ravie!»

 

Philippe aime le contact et grâce à son métier, la famille s’est vite intégrée. Il dépanne très volontiers, et compte déjà quelques fidèles Aériens parmi ses clients. La famille Steiner aime aussi participer aux manifestations qu’organisent les associations. « On rencontre du monde et récemment, j’ai eu le plaisir d’offrir un lecteur Blue Ray pour la soirée du réveillon qu’organisent les Amis du 31. Dans la mesure du possible, je trouve normal de faire un geste pour son village. »

 

Quand Philippe n’est pas sur un toit ou chez un client, il adore cuisiner. « Même après une grosse journée de boulot, j’aime tenter des petites recettes, découvrir et faire découvrir. »

 

Il se réunit aussi, une fois par semaine, avec son groupe de rock Will (c’est lui) und die Politzei, dont il est le chanteur. La musique, Philippe la pratique depuis longtemps. A tel point qu’il est engagé à la Landwehr. Avec elle, il part en Chine, au Canada, se retrouve dans la Parade de Disney World, ou au cortège fleuri de l’équipe de football américain « la Pasadena ».

 

Mais vous pouvez aussi convenir avec lui d’un rendez-vous et passer au magasin ; il se fera une joie de vous conseiller.

Carole Cattaneo, 5 novembre 2011

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