Sébastien Racca

 

Sébastien Racca, facteur et motard

 

Peu de gens savent son nom mais tout le monde le connaît, et bien sûr l’apprécie ! « On m’appelle l’homme en jaune, ou M’sieur le facteur. Tant qu’on ne me siffle pas, ça me va très bien !» dit-il dans un sourire.

 

 Sébastien Racca en tournée (DR).

 

Sébastien Racca, jeune homme de 34 ans, jovial, discret et sympathique, incarne la poste à Aire-la-Ville depuis 2008. Ses journées commencent à 5 heures du matin, sans réveil, tant il y est habitué. Il quitte son chez lui sans même petit déjeuner, direction le centre de tri du Petit-Lancy. De 6 à 8, avec ses collègues en charge de la Champagne, il prépare sa tournée. Le courrier est d’abord classé dans de grands casiers, disposés par adresses. Pour la seule colline aux oiseaux, ils sont au nombre de huit !

 

C’est un moment important pendant lequel Sébastien mémorise ce qu’il doit distribuer. Le nom du client est sa référence. De là découle l’ordre dans lequel il range les envois dans les caisses, qu’il chargera ensuite dans sa Kangoo jaune. Il quitte ensuite la ville alors que tant de gens y entrent pour travailler. L’idée l’enchante, ça lui permet d’éviter le trafic. Arrivé à Aire-la-Ville, sa tournée peut commencer avec la distribution d’environ 1500 courriers et d’une vingtaine de recommandés par jour. Avant, tout était inscrit à la main sur un petit carnet. Mais depuis 5 ans, il utilise son scanner. « Toute évolution est un peu déconcertante au début mais c’est bien pratique! » confesse-t-il.

 

Au guidon de son Aprilia (DR)

 

A 10 heures, un petit café s’impose et c’est toujours chez Magui qu’il le prend. Amusé, il se souvient que cet hiver, alors qu’il se faisait bombarder par les boules de neige des enfants, la grande dame était sortie pour les « enguirlander » et prendre sa défense. « Mais non Magui, il ne faut pas vous énerver, et puis il y a mon neveu ! ». Car Sébastien a de la famille dans le village et, il y a bien longtemps, ses grands-parents tenaient même le Café du Levant ! Ce retour aux sources lui réserve parfois des surprises, il retrouve des amitiés d’école, croise des gens qui l’ont connu enfant.

 

Sébastien aime son métier, et ne se voit pas dans un bureau huit heures par jour. Il se sent libre, indépendant et surtout, travaille en extérieur. Même si parfois, il y a des risques : « à l’époque, je livrais à vélomoteur. Un jour une forte rafale de vent a emporté tout mon courrier. Il y avait les passants qui regardaient, ceux qui rigolaient, d’autres qui m’aidaient ! ».

 

Distribution de courrier par tous les temps (DR).

 

Son travail lui offre une grande flexibilité et lui permet de terminer vers 16h00, juste après avoir préparé la tournée du lendemain. Alors l’été, il s’adonne à sa passion ; celle qui l’anime depuis 12 ans: la moto. Au guidon de son Aprilia RSV 4 noire et rouge, il dispute chaque année la course de côte de Verbois. C’est l’occasion pour lui de retrouver Paul Tardivel, fan de sidecars et bien d’autres passionnés. Il est aussi membre d’un club grâce auquel, entre copains,  il part rejoindre des circuits en France. « La moto, c’est un esprit, il y a le salut, le respect.  Ce que j’aime par-dessus tout c’est prendre le vent de plein fouet. » Encore la liberté ! C’est peut-être pour ça qu’il n’est pas encore marié !

 

Retour à son métier de facteur, qu’il aime depuis son premier stage de trois jours, alors qu’il était encore au Cycle d’orientation. C’est ce qui le motive à postuler pour un apprentissage de treize mois au Lignon, en 1995. Il apprécie Aire-la-Ville et son côté convivial : « Ici, on se dit bonjour alors qu’en ville il est plus difficile d’engager la discussion, les gens déménagent, ça tourne beaucoup. ».

 

 « Si on est content de moi, on est content de la Poste ! ». Être matinal, avoir une bonne mémoire et aimer le contact avec les gens, voilà les atouts d’un bon facteur. Il lui arrive aussi de remplacer un collègue absent et d’assurer les tournées de Soral, Cartigny ou Chancy. Notre postier prend très à cœur son travail. Il essaie d’être toujours le même, professionnel, souriant mais sans trop de familiarité avec le client. « il arrive que des voisins souhaitent que je prenne partie dans leur dispute. Mais je refuse de rentrer en matière !». Il aime soigner ses clients. « Pour les personnes âgées, je leur apporte la correspondance à leur porte. Ça me prend deux secondes de plus alors que pour eux, ça change tout ! ». Avec les Aériens qu’il connait bien, il aime à dire, en plaisantant « je n’ai pas de courrier mais j’ai soif ! ».

 

Juste avant qu’il ne parte, je prends encore des nouvelles de la boîte aux lettres de la Colline, disparue depuis quelques temps. Il m’informe qu’elle réside désormais vers l’arrêt de bus de Treulaz.

 

Carole Cattaneo, Février 2011

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