Maya Dietrich

 

Maya Dietrich, l'amour du tour

 

Maya Dietrich, du tour à l'amour de l'objet utilitaire (DR)

 

Philippe, son mari, à Aire-la-Ville au Pré-de-Gicoud. Vous l’avez peut-être rencontrée devant l’étal d’un marché, lorsqu’elle y vendait ses pièces, ou autour d’une table dans son atelier de poterie. Ce qui frappe lorsque l’on rencontre Maya, c’est sa disponibilité, son regard et une écoute qui appellent à la confidence. Le partage et la relation à l’autre sont les fils conducteurs de sa vie.

 

Elle effectue ses études sur le sol genevois et sa maturité scientifique en poche, entreprend les Etudes Pédagogiques qui lui ouvrent les portes de l’enseignement à l’école primaire. Si, lors de ses études au collège, il n’existait pas, à l’époque, de filière artistique, son premier salaire lui permet d’explorer une passion : la terre.

 

Cette initiation commence par des cours du soir de poterie à l’Ecole Club Migros, se poursuit par des stages dans le sud de la France et dans le canton, jusqu’à la présentation d’un dossier aux Arts Décos de Genève pour la formation en céramique.

 

Les Arts Décos lui permettent d’entrer en contact avec des professionnels, de s’essayer aux différentes techniques, de découvrir les subtilités des couleurs à travers les engobes et les émaux.

 

Plus que le modelage et la sculpture, sa préférence se porte instantanément vers le tour : « Je suis une tourneuse et donne une importance toute particulière à l’objet utilitaire. J’aime les choses qui ont un lien avec le quotidien. ». Entre ses doigts la terre glisse, monte, s’écarte puis se resserre. Le geste est précis et doux, de cette danse entre les mains et la terre naissent bols, assiettes, plats et gobelets.

 

Ces objets de tous les jours, qui peuvent sembler banals à tout un chacun, Maya a à cœur de leur donner un sens, de la poésie. De la poésie dans le quotidien, qui n’en rêve pas… mais peu l’appliquent. Chez Maya, la préparation d’un repas se fait à la lueur d’une bougie ; avant de partir au travail ou à l’école, chacun croque dans une tartine de pain fait maison et plonge le nez dans un bol confectionné spécialement pour chaque membre de la famille. De même, elle aime leur coudre des vêtements. « Si toutes les petites choses quotidiennes sont faites avec cœur, elles dégagent forcément une énergie positive. »

 

Après la naissance de ses deux premiers enfants, elle arrête l’enseignement pour se consacrer un temps à son rôle de maman. Puis elle animera pendant dix ans au CRER (Centre de rééducation et d'enseignement de la Roseraie) un atelier de dessin et de travaux manuels pour enfants handicapés. De ces moments de partage avec des enfants différents, elle en garde un souvenir ému. Toutefois, peu après la naissance de son troisième fils, le besoin de recharger ses accus, de ne pas tomber dans la routine, la font revenir « dans la norme » en retrouvant l’enseignement dans une classe d’école primaire. Il lui semblait important de prendre un peu de distance car, avec le temps, on a tendance à trouver les choses normales et on s’endort sur ses lauriers. Tout changement amène une remise en question et donne un regain d’énergie.

 

Il y a une quinzaine d’années le maire, Charles Bosson, lui propose un local sous la nouvelle école. Elle y installe un atelier de poterie où petits et grands découvrent le travail avec la terre. Avec la naissance de la salle polyvalente, c’est dans les sous-sols de cette dernière que l’atelier déménage et établit ses quartiers dans un local plus spacieux.

 

Bien plus que des cours, cet atelier est avant tout un lieu de partage et de rencontre. On commence par un repas puis chacun enfile son tablier et plonge les mains dans la terre. Les doigts occupés, l’esprit est libre et discussions et confidences s’engagent. Lorsque la fin du cours arrive, chacun repart les mains un peu plus sales mais le cœur plus léger.

 

 

 

 

Catherine Poupaert - 22 janvier 2011

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