Alain Rauss

 

Alain Rauss et les grands espaces

 

Alain Rauss, profession : chef des gardes de l’environnement

 

Certains d’entre vous l’ont déjà rencontré, lors de sa conférence sur l’ours marsicain en novembre 2010, à la salle Victor Duvillard.

 

Avant de travailler à la direction générale de la nature et des paysages, qui a pour mission la gestion, la protection et la surveillance du patrimoine naturel genevois, Alain Rauss a été gendarme pendant 15 ans.

 

Alain Rauss, la recherche des grands espaces (DR)

 

Attiré par les grands espaces depuis l’adolescence, c’est la haute montagne qui le séduit avec ses étendues infinies. Guide de haute montagne, il s’adonne au ski de randonnée, une de ses passions. Mais au fil des années la montagne change, l’été elle devient le lieu de rendez-vous de trop de randonneurs. Avec le réchauffement climatique les glaciers deviennent plus inaccessibles et dangereux. Ces transformations vont amener Alain Rauss à se tourner vers l’observation de la faune et de la flore et à s’intéresser à d’autres régions moins fréquentées. Il n’abandonne pas la montagne pour autant, il l’a retrouve avec plaisir l’hiver. Le grand manteau blanc qui la recouvre alors, aboli sentiers et itinéraires, on retrouve la sensation d’une parfaite liberté, la nature reprend le pas sur l’homme.

 

Dans cette continuelle recherche d’espaces et de communion avec la nature, il se tourne, vers l’âge de 35 ans, vers le cinéma animalier. La photo l’intéresse également mais ce sont des raisons techniques qui lui font opter pour la caméra. En effet, contrairement à cette dernière, la photographie n’existait pas encore en numérique.

 

Avec un groupe d’amis, naturalistes, dessinateur animalier et autres passionnés, il se rend au Spitzberg, terre arctique recouverte de glace à 60 %, à mi-chemin entre le cap Nord et le pôle Nord. Pendant 15 jours, sur un vieux gréement de 1910 et à pied, ils explorent cette région polaire et il réalise son premier film : « Au-delà du cercle polaire arctique ».

 

Cette passion occupe toutes ses vacances, il se rendra douze fois dans les Abruzzes, en Italie centrale, pour le tournage de son film sur l’ours marsicain. Il partira à la recherche du bison dans la forêt de Bialowieza, située entre la Pologne et la Biélorussie. C’est en Pologne qu’il se souvient avec émotion de sa première rencontre avec un loup, animal farouche, injustement diabolisé par l’homme.

 

Etre cinéaste animalier demande une patience à toute épreuve et il faut apprendre à se contenter de peu, explique Alain Rauss. Il faut également être opportuniste, saisir ce qui se présente. Ce ne sera peut-être pas l’ours, pour lequel on est à l’affût depuis des heures, mais les insectes qui gravitent autour de nous, ou la flore observée sur le chemin. Même s’il avoue détester se lever tôt, il admet n’avoir jamais regretté les départs à l’aube qui réservent toujours de belles surprises.

 

Quand il n’est pas sur le terrain, il s’occupe du montage de ses films, écrit les commentaires qui seront retravaillés par le narrateur. Puis il coiffe la casquette de conférencier pour partager ses expériences et sa passion, pour le plus grand plaisir de tous.

 

Il va s’envoler, à la fin du mois de mai, pour les Etats-Unis, dans le parc national de Yellowstone pour y filmer des ours et des loups et rêve d’un éventuel voyage en Himalaya pour observer le léopard des neiges.

 

Photo Alain Rauss (DR) 

Quant à nous, nous le retrouverons prochainement à Aire-la-Ville, lors d’une projection, et vivrons par procuration ces moments magiques où l’homme se fait tout petit devant une nature si grandiose et émouvante.

Catherine Poupaert - 28 mai 2011

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