Le Noël des Aînés

Le meilleur de Noël, c’est peut-être cette quinzaine étrange qui le précède, les courtes journées durant lesquelles on s’y prépare et où l’on multiplie les attentions et les témoignages d’amitié.


C’est ainsi qu’un quinze décembre au matin, une main invisible déplaçait tables, chaises et bancs dans la salle polyvalente d’Aire-la-Ville. Cette main, répondant au nom d’Arthur-et-Paulo, fut bientôt rejointe par d’autres : Nathalie, Irène, Véronique, Myriam et Domi, ainsi qu’une autre Véronique bien connue et sa nouvelle assistante, qui semèrent sur quatre longues tablées une promesse de neige : bougies, étoiles, chocolats et biscuits (tous confectionnés par les enfants du Coup de pouce !) et autant de couverts que dans un grand restaurant…

 


Dans le secret de la cuisine la sauce montait, tandis que dans la salle allaient et venaient, chargés de verres, de corbeilles de glaçons et de bouteilles, quatre hommes sûrs de leurs gestes : le fidèle personnel du traiteur Alain Jenny.


A midi, tout était prêt et les premiers invités ont fait leur entrée au son de l’accordéon d’Isidore et Claude. On se salue, on s’embrasse, on prend un verre, un canapé, puis un autre, des taquineries fusent… Cela ressemble fort à une grande réunion de famille et, d’une certaine façon, c’est le cas : ici, on se connaît depuis vingt ou trente ans, parfois depuis toujours, certains sont nés ici.  
L’Adjoint au maire, Monsieur Michel Apothéloz, souhaite officiellement la bienvenue à ces convives déjà réjouis, puis il donne la parole à Monsieur Dominique Novelle, Maire, pour un discours de circonstance.

 


On s’assied enfin. Dès lors, on se régale : d’un amuse-bouche, d’une riche entrée puis d’une délicieuse viande en sauce… Et jamais on ne cesse de parler. Après tant d’années passées dans la même commune, on a encore bien des choses à se dire !

 


Vers deux heures, une rumeur attire l’attention, venue de l’obscurité du couloir : les écoliers d’Aire-la-Ville trépignent, massés en un cortège impatient, avant de monter sur scène. Une marée de bonnets à pompons déferle dans la salle tandis que les dîneurs se déplacent vers le gradin. Les lumières s’éteignent, les projecteurs s’allument, et les enfants entonnent une série de chants de Noël forts appréciés qui leur valent d’être chaleureusement applaudis.

 


Les élèves retournent ensuite à l’étude, et les convives se remettent à table pour un plateau de fromages. Il ne faut pas perdre son coup de fourchette, car vient ensuite ce qui semble de loin une pirogue ou un long bélier… c’est une immense bûche de Noël ! Succulente.

 

 

Bientôt quatre heures. Imperceptiblement, le jour a baissé. Quelque chose ralentit, s’estompe dans la fatigue. Un doux parfum de café monte dans l’air et on ressent d’un coup les heures passées à table.
- Quand les singes sont pleins, même les cerises sont amères résume un amateur de proverbe.
Alors, on prend congé, mais lentement. On fait une dernière plaisanterie, on échange des vœux en promettant de se revoir bientôt.
- C’était parfait, soupire encore un convive en s’éloignant.


Texte et photos de P. P.

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