Soirée de catch à Aire-la-Ville

Vision inhabituelle que ce grand ring carré qui occupe ce soir, samedi 29 mars, le centre de la salle polyvalente, et nous promet une surprenante soirée entre catch et combats médiévaux. Les rangées de chaises disposées sur ses quatre côtés se remplissent peu à peu, accueillant des groupes de supporters prêts à s’enflammer pour leurs combattants et des enfants, les yeux écarquillés, sirotant avec impatience leurs grands verres de thé froid. Familles et curieux ont pris place un peu plus loin, autour des tables qui bordent la salle.

 

 

 Entre théâtre et chorégraphie, les combattants enchaînent les matches.

 

Derrière le bar improvisé, une jeune fille fait la navette entre la cuisine et les clients, les bras chargés de hot-dogs et de croque-monsieurs. C’est Diana, la fille d’Imma dont le sourire et l’enthousiasme ont redonné vie à l’épicerie du village. Elle est catcheuse, elle aussi (Diana, pas Imma !), mais elle se dit « en stand-by ». « Je suis la seule fille de la Fédé ! », explique-t-elle dans un haussement d’épaules amusé.

Elle est membre de la Corde à linge, l’association qui organise cette soirée et gère surtout une école de catch regroupant une quinzaine de sportifs passionnés, soutenus par une soixantaine de membres. Debout au centre du ring, Denis Lage, son jeune président, annonce au micro le programme de la soirée. En aparté, il souligne toutes les vertus de son ring : « Il fait 5,40 mètres de côté, la même taille que ceux utilisés par la Fédération américaine lorsqu’elle fait son show à l’Arena ! »

 

Les enfants découvrent, sidérés, les acrobaties des catcheurs.

 

La soirée démarre par une démonstration de l’école de combat médiéval. Cannes françaises, épées à une ou deux mains, hache gigantesque, boucliers, gants de boxe ou à mains nues, toutes les façons de se taper dessus y passent, au ralenti d’abord, à vitesse réelle ensuite.

 

L’impressionnant arsenal du combat médiéval.

 

Puis viennent les matches de catch avec à la clé le premier titre de la Fédération, une énorme ceinture que l’on présente à bout de bras au public. Le premier combat oppose trois catcheurs dans un joyeux désordre d’où émerge finalement Dark G, soutenu par un fan club très présent, et qui grâce à sa victoire endosse les habits d’arbitre pour le reste de la soirée.

 

Au centre du ring, Denis Lage, le président de l’association la Corde à linge, explique le programme de la soirée.

 

Les matches se suivent, chorégraphiés et scénarisés. On y retrouve les personnages traditionnels de la discipline, le fou furieux, cet autre, inquiétant, dont le maquillage rappelle vaguement celui du Joker dans Batman, et que les enfants soutiendront sans faillir parce qu’il est le cousin d’un de leurs copains. Il y a le méchant et le gentil, qui finit généralement par l’emporter après avoir passé un sale quart d’heure. Sur le ring, on hésite entre théâtre et gymnastique.

Les sauts périlleux s’enchaînent, les chutes aussi, spectaculaires et aussi bruyantes que possibles. Le plancher du ring semble rebondir. « J’ai vu dessous, il y a un énorme ressort noir », assure un jeune spectateur.

Texte et photos Marco Cattaneo, mars 2014

 

 

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