Les pros de l'impro à Aire-la-Ville

Ils sont dix ce soir-là, sur la scène de la salle Victor Duvillard. Dix champions de l’improvisation théâtrale répartis en deux équipes de cinq, foulards bleus à gauche et foulards blancs à droite.

 

L'arbitre, intransigeant, annonce les thèmes sous les huées du public qui s'amuse à le détester.

 

Ils s’affrontent dans la bonne humeur autour d’une douzaine de thèmes annoncés par un arbitre que le public va adorer détester, le huant copieusement en toutes occasions. Le public qui a d’ailleurs le dernier mot, brandissant un carton bleu ou blanc à la fin de chaque improvisation pour désigner l’équipe gagnante. Tant pis pour le suspens, et disons-le d’emblée, ce sont les bleus d’Océane Poupaert, «la locale de l’étape» comme l’annoncera le speaker, qui ont gagné en ce 19 septembre.

 

Les comédiens ignorent tout de ce qu’ils vont jouer jusqu’au moment où l’arbitre, carton tenu à bout de bras, annonce le thème et le nombre de participants de la prochaine improvisation. Ils sont aussi variés qu’inattendus : Shéhérazade, une réunion de famille, un conte à la manière d’Andersen, un zapping hilarant entre trois chaînes de télévision où le spectateur hésite entre une émission culinaire, une télé-réalité et un reportage sur les sports extrêmes. Vraiment extrêmes, comme cette course de tandem sans freins, «le plus dangereux des sports cyclistes».

 

Au terme d'un match serré, c'est l'équipe bleue qui l'emporte finalement.


Sur scène, il n'y a que les gestes et les mimiques, mais ils suffisent pour créer un univers, et lorsque la frêle Océane se glisse dans la peau d'une haltérophile s’attaquant au record du monde, on la voit se métamorphoser, il n'y a plus devant nous que cette athlète nourrie aux stéroïdes, les veines du cou saillantes, grimaçante dans l'effort mieux que ne le ferait un personnage de Tex Avery, s'écroulant finalement sous les 300 kilos qu'elle n'a pas pu soulever.

 

Le match se déroule en deux mi-temps de 45 minutes et obéit à des règles précises. Les improvisations mixtes voient les comédiens des deux équipes collaborer, alors que dans les comparées, chacun doit laisser courir son imagination sur un thème imposé.  Il y a l’improvisation dégressive, dans laquelle les comédiens jouent la même scène dans un laps de temps toujours plus court, jusqu’à condenser les quatre minutes initiales en dix petites secondes.  D’autres où un coup de sifflet contraint les acteurs à changer la fin de leur phrase. Il y a les improvisations rimées ou celles qui nous projettent dans un roman policier. Une réjouissante variété, un véritable feu d’artifice dont le rythme rapide tient le public en haleine.

 

A coups de cartons bleus ou blancs, c'est le public qui départage les équipes et a finalement le dernier mot.


A la fin du spectacle, comédiens et Aériens se retrouvent à la buvette, devant les gâteaux, cakes, sandwiches et tartelettes du Coup de pouce, tout juste sortis des cuisines du village, pour échanger leurs impressions et glaner quelques conseils. Qui n’a pas envie d’être comédien ?

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Texte Marco Cattaneo / Photos Clémentine Bischoff - octobre 2014

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